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LA LETTRE DU CADRE TERRITORIAL, 15/4/2010, INTERVIEW DECRYPTAGE
« Comment changer sans renier ses engagements ? »
Dans L'Etat pyromane, Olivier Ferrand et les auteurs de la Fondation Terra Nova décryptent les échecs de Nicolas Sarkozy, symbolisés par la Berezina des régionales. Il s'interroge sur la stratégie à adopter par le président de la République pour satisfaire les attentes contradictoires des droites qu'il avait réussi à séduire en 2007.
Comment un think tank progressiste comme le vôtre envisage-t-il de s'inscrire dans la dynamique du débat politique ?
Les think tanks sont nés aux Etats-Unis dans les années 70 à une époque où les démocrates dominaient l'agenda intellectuel du pays. Pour riposter, les républicains ont créé des premiers lieux de réflexion intellectuelle autour de l'action politique. Quelques années plus tard, ce travail enfantera Ronald Reagan. Les démocrates ont alors décidé de réagir et le recours aux think tanks y est aujourd'hui généralisé. Ces lieux de réflexion sont arrivés en Europe en 1999. La succession des ruptures idéologiques - crise du communisme, puis du libéralisme - impose une réflexion de fond, réactive, à modéliser en permanence. Terra Nova a permis de connecter un écosystème républicain de gauche, de tirer le meilleur de certains chercheurs, comme Thomas Piketty ou Eric Maurin, ou de structures comme La République des idées, de Pierre Rosanvallon ou encore l'Ecole économique de Paris.
Les collectivités territoriales sont-elles des lieux de production audacieux d'idées nouvelles ?
Je suis moi-même élu dans les Pyrénées et je constate tous les jours à quel point certaines initiatives locales de proximité mériteraient d'être généralisées. Malheureusement, ce lieu n'existe pas. C'est pour cette raison que nous avons décidé de mettre un observatoire des politiques locales au sein de Terra Nova pour mettre en avant des actions qui mériteraient d'être dupliquées.
Vous ne cachez pas votre positionnement à gauche. Quels sont vos liens avec le Parti socialiste ?
Nous travaillons avec ceux qui le souhaitent, à partir du moment où nous épousons les mêmes objectifs. Notre indépendance financière est complète. Nous sommes là pour contribuer à l'enrichissement du débat, seul le fond nous intéresse. La clé de notre succès, c'est notre indépendance.
Peut-on constater l'échec du Sarkozysme sans verser dans l'anti-Sarkozysme systématique ?
Ce livre répond à un des objectifs de notre fondation progressiste : apporter une vision critique des politiques publiques. C'est un peu notre rapport annuel de la Cour des Comptes. Il est vrai que la critique négative domine. Mais ce travail de décryptage nous pousse aussi à saluer certaines options prises par le président de la République. Par exemple, sur le grand emprunt, sur la politique d'investissement, sur la régulation financière internationale, il serait idiot de nier le fait que la France a joué un rôle moteur sur le plan international. Notre analyse est intermédiaire, elle consiste à pointer, derrière les contre-feux allumés par le président, la première tentative de rupture idéologique de la droite depuis 1945. L'objectif de Nicolas Sarkozy est de rompre avec le conservatisme. L'échec de l'UMP aux élections régionales s'explique essentiellement par le refus de l'électorat de centre-droit de cautionner cette inclinaison.
Quelle est la nature de cette rupture ?
Elle s'attaque essentiellement au modèle social français. La gauche se trompe en essayant de faire croire que cette rupture est de nature exclusivement ultralibérale. Le grand projet de Nicolas Sarkozy est d'installer un modèle social méritocratique. La réforme fiscale en apporte la preuve éclatante, 30 milliards d'euros par an ont été retirés à 5 % des ménages les plus aisés de France. La méritocratie relève d'une formule simple : si vous ne réussissez pas, c'est de votre faute !
Une deuxième caractéristique marque cette rupture : le débat sur les minima sociaux. On a introduit dans l'esprit collectif des Français un virus anti-assistanat. On nous fait croire que les plus faibles sont bien mieux protégés ici qu'ailleurs, c'est faux ! Les minima sociaux n'ont pas augmenté en France depuis 15 ans, la moyenne des aides sociales aux ménages en difficulté constitue 40 % du revenu médian français, alors que la moyenne européenne est à 60 % ! Les minima sociaux sont deux fois plus élevés en Allemagne et en Angleterre ! Il est d'ailleurs étonnant que cette réalité ne soit pas plus martelée par la gauche.
Le bouclier fiscal a été décidé en affichant la volonté de garder à l'intérieur de nos frontières des richesses nationales happées par d'autres pays plus attractifs sur un plan fiscal. Cet objectif a-t-il été atteint ?
Non. Les grosses fortunes n'investissent pas plus en France qu'avant le bouclier fiscal. L'évasion fiscale se poursuit. La compétition internationale au moins-disant fiscal est d'ailleurs délétère. Mais il faut reconnaître que la lutte contre la concurrence fiscale progresse lentement à l'échelle planétaire. Avec la crise, nous disposons d'une bonne fenêtre d'opportunité pour agir. La Grande-Bretagne et les USA ont augmenté la tranche supérieure des impôts de 40 à 50 %. Pas la France...
Le boucler fiscal est au coeur de l'engagement politique du président de la République, sa fidélité avec la droite orléaniste : avec moi, vous paierez moins d'impôts, vos intérêts seront mieux sauvegardés... En 2007, Nicolas Sarkozy a réussi un exploit électoral, celui de réunir toutes les droites. Il se trouve aujourd'hui confronté à une contradiction insoluble, la nécessité du changement de cap politique en reniant ses engagements. Pour l'heure, il fait le choix du durcissement, avec une communication autour de la burqa, par exemple, mais rien sur le terrain où il est attendu : concilier les modèles social et économique français...
Olivier Ferrand est diplômé d'HEC, ancien élève de Sciences Po et de l'ENA. En août 2009, il a été nommé rapporteur adjoint de la commission Juppé-Rocard sur le grand emprunt 2010.
Il est délégué général de la fondation Terra Nova et a coordonné le livre L'Etat pyromane.
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C'EST DEMAIN LA VEILLE, Pierre Weill, dimanche 23/5/2010 de 18h10 à 19h
C'EST DEMAIN LA VEILLE, Pierre Weill, dimanche 23/5/2010 de 18h10 à 19h
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France Inter, Mercredi politique, 19 mai , Thomas Legrand
France Inter, Mercredi politique, 19 mai, 19h20 , Thomas Legrand
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Le Progrès de Lyon, FB, 24/02/2010
des LIVREs et des idées
Terre neuve de gauche
Le bilan de Nicolas Sarkozy - déjà, et encore.
Dressé ici, en revisitant les événements des derniers mois, par l'association Terra Nova d'Olivier Ferrand, autoproclamée « progressiste, de gauche ».
Son analyse est résumée par le titre : « L'État pyromane » (Éditions Delavilla, 19 euros) : la rupture sarkozyste serait doublement dangereuse, mettant la puissance de l'État et le volontarisme de son chef au service d'une lutte contre l'humanisme et l'égalité.
Ce n'est pas toujours très nuancé, et le plus intéressant en devient ce qui est dit de la gauche, de sa nécessaire « refondation idéologique », entre l'immobilisme gauchisant qui est la tentation permanente des socialistes français, et le renoncement idéologique initié par les socio-démocrates allemands et britanniques.
Tonique.
F. B.
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SUD-OUEST, 25/04/2010
Une fondation proche du PS
Société PUBLICATION Une fondation proche du PS Sous la direction d'Olivier Ferrand, la fondation Terra Nova vient de publier un ouvrage collectif intitulé « L'État pyromane » (Delavilla, 19 €). Le livre rassemble 13 contributions de chercheurs, d'économistes, de juristes et d'experts sur les sujets ayant marqué l'actualité en 2009. Ces textes reviennent sur le carrousel des réformes et des débats initiés par Nicolas Sarkozy. De l'identité nationale aux suicides de France Télécom, de la suppression du juge d'instruction à la politique fiscale, les plumes de Terra Nova décryptent l'idéologie sarkozyste, sous le regard vigilant d'Olivier Ferrand. Bardé de diplômes, ce membre du PS, ancien conseiller de Lionel Jospin, fut l'un des soutiens de Dominique Strauss-Kahn lors des dernières primaires socialistes. Sous sa houlette, Terra Nova s'est positionnée comme l'une des boîtes à idées du PS dans la perspective des futures présidentielles.
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Le Parisien et Aujourd\'hui en France, ROSALIE LUCAS: \
Les trois ruptures du président
Genre : essai politique
Intérêt : décryptage
Ils sont sociologues, économistes, philosophes. La fondation Terra Nova, proche du PS, les a réunis pour décrypter « la vraie nature du sarkozysme ». « L’Etat pyromane », ouvrage collectif dirigé par Olivier Ferrand, s’arrête sur treize débats « trop vite écartés en raison du rythme effréné des réformes » : l’identité nationale, les suicides au travail, la fiscalité, la Poste, la justice mise au pas… Selon les auteurs, la politique actuelle se définit par trois ruptures : rupture antihumaniste « avec la recherche systématique de coupables (immigrés, musulmans, jeunes des banlieues, délinquants, assistés, fonctionnaires privilégiés…) », inégalitaire avec une « politique fiscale qui aide les forts » et méthodologique « avec l’hyperprésidence ». Au-delà de son constat, l’ouvrage met en garde la gauche, qui ne doit pas « s’enfermer dans la protestation » et l’immobilisme. Au fil des pages, les auteurs esquissent de nombreuses pistes pour « éteindre les incendies » et préparer l’alternance.
« L’ÉTAT PYROMANE », SOUS LA DIRECTION D’OLIVIER FERRAND, Ed. Terra Nova, Ed. Delavilla, 370 p., 19 €.
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Le Grand Journal, Canal Plus, 29/04/2010


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LIBERATION, REBONDS, 23avril 2010: Investissements d’avenir
Investissements d’avenir: il faut des choix de politique publique
(Rebonds, Libération 23/4/2010, P25)
Que faire face à cette crise en ciseaux –surendettement et sousinvestissement–des finances publiques? La polémique sur le grand emprunt a opposé deux camps : les «rigoristes »contre les«volontaristes».
Les deux ont raison. (...)
Ce dossier a été préparé parOlivier Ferrand, président de TerraNova. Il est issu des travaux publiés dans le cadre du premier audit annuel de TerraNova sur les politiques publiques, intitulé La France de TerraNova 2010: l’Etat pyromane (éditions Delavilla). Cet essai revient sur les principaux sujets qui ont marqué l’actualité, les grandes polémiques politiques, afin d’en assurer le décryptage. Dix sept politiques publiques y sont passées au crible, dont les finances publiques.
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MARIANNE, 17/4/2010, Daniel Bernard
(...)Conséquence paradoxale de la « rupture » engagée par Nicolas Sarkozy : l'injustice de sa politique fiscale et son ineffi-cacité étant patentes - les inégalités se creusent ; où est la croissance ? -, la majorité se trouve contrainte, tout comme l'opposition, d'inventer une alternative. Précipitamment donc, les politiques rivalisent de propositions de « grand soir fiscal ». A gauche, François Hollande a lancé la mode. A droite, le sénateur Alain Lambert est notamment imité par Dominique de Villepin. Au-delà du bouclier fiscal, toute l'architecture est passée au crible. Si, en 2007, vous avez aimé la « réhabilitation de la valeur travail », vous adorerez, en 2012, la réhabilitation de l'impôt juste !(...)
De fait, un garçon aussi convenable qu'Olivier Ferrand, disciple de Strauss-Kahn, part en guerre, au nom de la fondation Terra Nova, contre « l'obscénité d'un système fiscal devenu régressif ». Entre 2000 et 2010, précise-t-il, 20 milliards d'euros chipés aux classes moyennes ont été offerts aux plus aisés (L'Etat pyromane, éd. Delavilla.)
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DIRECT 8, Politiquement parlant
Emission "Politiquement Parlant, Direct8: "La Présidentielle a t elle commencé?"


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LE NOUVEL OBSERVATEUR, La vraie rupture de Sarkozy
Décrypter la politique de Nicolas Sarkozy avec des faits et des chiffres plutôt que des slogans, c'est l'objectif que s'est fixé le think tank progressiste Terra Nova, dirigé par Olivier Ferrand. Précis et argumenté, son dernier ouvrage collectif (1) ne se contente pas de réduire le sarkozysme à ce qu'on en voit un « bougisme » pragmatique -, mais souligne la logique d'ensemble de la politique menée depuis trois ans : rupture avec les principes humanistes du pacte républicain, rupture avec la logique de redistribution, rupture enfin avec le mouvement de déconcentration/décentralisation du pouvoir amorcé depuis vingt ans. Instructif et inquiétant.
(1) « L'Etat pyromane » (Editions Delavilla).
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L'HUMANITE, 31/03/2010, LA France incendiée
L'Humanité, 31/03/2010
Tribune Idées
La France incendiée
La méritocratie prétendait valoriser le travail, l'effort. Au final mieux vaut être un bon rentier.
(...) le bilan de l'état de droit et social de la France dressé par Terra Nova dans l'ouvrage collectif que son président Olivier Ferrand fait paraître (1) est proprement délétère. Ce n'est pas le manque de lisibilité ou de cohérence de l'action gouvernementale qui est dénoncé mais au contraire l'entreprise savamment menée de déshumanisation et de mise à terre du compromis social-démocrate. Le sarkozysme, ou la France comme nouveau faucon de l'Europe.
Le marqueur indélébile de cette rupture inégalitaire : le bouclier fiscal. Pourtant l'idée (ne pas donner plus de la moitié à l'état) ne paraissait pas nécessairement injuste. A l'arrivée, ce sont « plus de 10 milliards d'euros par an pris dans les poches de tous les Français pour les donner aux ménages les plus riches. Au total, depuis 2002, c'est 30 milliards d'euros par an qui font l'objet d'une redistribution à l'envers des classes moyennes et populaires vers les ménages les plus aisés ». Sa méritocratie prétendait valoriser le travail, l'effort, l'entrepreneur. Au final mieux vaut être un bon rentier doublé d'un spéculateur car les autres mesures fiscales prises par la droite depuis 2002 (dévitalisation de l'ISF, disparition des droits de succession, allégement de la fiscalité sur les dividendes) favorisent toutes ce profil citoyen-là.
Quant aux minima sociaux, ils représentent 40 % du salaire médian contre 60 % en moyenne en Europe, plus de 70 % au Danemark, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Et malgré la crise, le gouvernement continue les suppressions annuelles de postes de fonctionnaires, refuse de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires et ne pratique pas ou si peu la relance des emplois aidés.
Au niveau de la communication politique, c'est la théorie des 3 I (insécurité, immigration, identité) à laquelle la gauche oppose trop faiblement celle des 3 E (éducation, emploi, environnement). S'inscrivant dans un populisme particulièrement anti-intellectuel, le gouvernement aime à stigmatiser ; avec une prime aux criminels et aux délinquants. Emblématique d'une telle démarche, le débat sur la castration chimique défendue par la garde des Sceaux. « Ce n'est pas un hasard, écrit Serge Portelli, vice-président au tribunal de Paris, si le terme de castration chimique a été utilisé pour parler du traitement hormonal. Ce glissement sémantique intentionnel n'est pas un abus de langage, c'est un programme. Il s'agit de faire entrer dans l'esprit public cette fausse simplicité qui est le propre de l'idéologie. » De l'art de couper pour exclure, de supprimer pour ne pas traiter le problème.
(1) L'état pyromane, éditions Delavilla, 2 010.
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LE MONDE, 31/03/2010, M Noblecourt: La Boîte à idées progressiste
LE MONDE, 31/03/2010.
Editorial - Analyses
Le livre du jour :l'ETAT PYromane (Ed Delavilla)
Une boîte à idées progressiste
LE TITRE, L'Etat pyromane, fait immédiatement penser à un procès uniquement à charge contre le sarkozysme qui, explique Olivier Ferrand, président de Terra Nova, en introduction, " attaque de front l'identité politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés publiques, pour y intégrer des valeurs néoconservatrices qui lui sont historiquement étrangères ".
De fait, Olivier Ferrand évite le systématisme. Il décerne même quelques bons points à Nicolas Sarkozy, crédité d'une " orientation sincère " dans son combat pour une régulation bancaire et d'un " infléchissement écologique " dont le côté " tactique ", évoqué, apparaît pleinement aujourd'hui avec l'abandon de la taxe carbone.
D'emblée, en présentant cet ouvrage collectif qui offre une lecture progressiste du sarkozysme, Olivier Ferrand tord le cou à quelques idées en vogue. L'ouverture à gauche ? " Débaucher des hommes de gauche, oui ; mais importer leurs idées, non. " Le président de Terra Nova définit la vraie nature du sarkozysme à travers trois ruptures. Il y a d'abord " une rupture antihumaniste " qui " se caractérise par la recherche systématique de coupables, de boucs émissaires à désigner à la vindicte collective ". Il y a ensuite une " rupture inégalitaire " avec l'émergence d'une " société méritocratique " où, " si la politique fiscale aide les forts, la politique sociale abandonne les faibles ". Enfin, il y a une " hyperprésidence ", autour de laquelle Nicolas Sarkozy a réuni toute la droite, qui finit de caractériser un régime qui " brûle les fondements du modèle français ". L'urgence est donc d'" éteindre les incendies allumés par cet Etat pyromane ".
Olivier Ferrand, qui a participé à la commission de réflexion sur le lancement du grand emprunt, n'est pas un adepte de l'opposition frontale. Il met en garde la gauche, et d'abord le PS, contre l'immobilisme et contre le renoncement idéologique. " La gauche, écrit-il, pourrait encore espérer la victoire politique, mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à l'accompagnement social et compassionnel d'un modèle qui n'est plus le sien. "
Il invite le " camp progressiste " à une " refondation idéologique " qui l'amènerait à repenser le modèle français " dans le cadre du monde du XXIe siècle : la globalisation, les mutations du capitalisme, l'individualisation de nos sociétés, la pénurie des ressources, la fin de la domination occidentale, le terrorisme ".
Les treize chapitres que compte l'ouvrage - de l'identité nationale à l'Europe, en passant par l'emploi, la fiscalité, les suicides à France Télécom, la justice, la réforme territoriale, etc. - offrent de multiples matériaux pour inventer une boîte à idées progressiste.
Guillaume Duval ressuscite ainsi le partage du travail. " Ce n'est pas une panacée, mais, en temps de pénurie, il peut aider à limiter le nombre de chômeurs. " A rebours d'une " redistribution à l'envers ", Thomas Chalumeau met en avant " l'idée de moduler l'impôt selon son utilité économique, sociale, écologique ".
A propos de La Poste, Jean-Philippe Thiellay et Benoît Thirion pressent la gauche de ne pas se focaliser sur le caractère public ou privé de l'établissement, mais de se pencher sur " l'identification et la satisfaction des besoins auxquels doit répondre le service public ". Une approche dynamique.
Michel Noblecourt
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France Culture - En toute franchise - vendredi 2 avril 7h sur l'Etat pyromane
France Culture - En toute franchise - vendredi 2 avril 7h sur l'Etat pyromane, Editions Delavilla
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LA CROIX, 26/03/2010, "Reprendre en main l’avenir"
Edition de La Croix, Vendredi 26 Mars 2010
Forum, débats
Olivier Ferrand, président de Terra Nova, auteur de L’État pyromane (1)
Reprendre en main l’avenir
L’opposition entre « plus d’État » ou « moins d’État » est un vieux débat. Poussée par les idées sociales-démocrates qui se sont imposées à partir de 1945, l’intervention publique a connu une très forte montée en puissance. Face à cette expansion, un courant idéologique libéral a gagné du terrain à partir des années 80, prônant, sans vrai succès, moins d’État.
Le débat est relancé avec la crise contemporaine. De très nombreuses voix s’élèvent pour demander le recul de l’État, au nom de la nécessité et non plus de l’idéologie. Pour amortir la crise, le gouvernement a laissé, à raison, filer les déficits. Mais ces déficits conjoncturels viennent se surajouter à un endettement structurel déjà élevé. Du coup, la dette publique explose : plus de 80 % du PIB en 2010 – 1600 milliards d’euros, soit une ardoise de 26 000 € par Français ! Il n’y aurait d’autre choix que de réduire fortement la voilure, sous peine de risquer la faillite, à l’instar de la Grèce.
L’enjeu est crucial, mais il est très mal posé. Le problème, c’est le surendettement public. Il peut certes être résolu par « moins d’État » : une baisse des dépenses publiques. C’est la voie choisie par l’Allemagne. Mais il peut tout aussi bien être résolu par « plus d’État » : une hausse des impôts. C’est la voie qu’ont choisie les pays nordiques. Etat providence fort mais fiscalité élevée, ou pression fiscale modérée mais État social plus limité : il y a là deux options politiques saines.
Le problème des dépenses de l’État en France, ce n’est pas leur volume mais leur qualité. La France n’a pas « trop d’État » mais « mal d’État » : nos dépenses publiques sont gravement inefficaces. La question n’est donc pas de faire plus ou moins, mais mieux. Les spécialistes de finances publiques renvoient souvent à un mot magique : la « RGPP », la révision générale des politiques publiques. Ces revues permettent d’identifier des économies dans la gestion administrative des politiques publiques. C’est une bonne chose – même si elles sont parfois menées à la serpe et se résument trop souvent à des suppressions de postes. Ce n’est en tout état de cause pas à la hauteur des enjeux. La RGPP a permis jusqu’ici d’économiser 5 milliards d’euros par an. On est loin du compte : le déficit structurel de l’État se situe autour de 70 milliards…
On ne peut pas se contenter d’améliorer la gestion administrative des politiques : il faut améliorer les politiques elles-mêmes. Or elles sont victimes d’une grave pathologie : le court-termisme. Elles sont phagocytées par le présent et ignorent l’avenir. Là est le cœur de la crise de nos finances publiques : la France s’endette de plus en plus et pourtant elle investit de moins en moins pour l’avenir.
La montée en puissance des contraintes de finances publiques ces trente dernières années a entraîné l’asphyxie progressive des investissements d’État. Le budget de l’État 2009 ne contient qu’une dizaine de milliards d’euros d’investissements civils – moins de deux milliards d’investissements directs ! – sur un total de dépenses de 280 Md€… 95% des dépenses de l’État sont des dépenses de fonctionnement. Contrairement à une légende tenace, les investissements des collectivités locales (régions principalement) n’ont que partiellement pris le relais. Les économistes Charles Wyplosz et Jacques Delpla ont chiffré il y a quelque temps à 400 Md€ le retard global d’investissement accumulé par la France.
Le sous-investissement de la France est donc chronique : il manque un à deux points de PIB (20 à 40 Md€), non pas sur un coup mais par an, pour maintenir la France dans le peloton de tête des pays les plus développés. Telle est la préconisation formulée par Terra Nova dans L’État pyromane : réaliser l’équivalent du « grand emprunt », non pas simplement en 2010, mais tous les ans.
Tous les grands pays se lancent dans des programmes d’investissement d’avenir. C’était déjà le cas des nations les plus compétitives : États-Unis, Japon, Corée, pays nordiques. Ils sont désormais suivis par le Royaume-Uni (nouveau concept de political industrialism), l’Allemagne (programme massif pour des universités d’excellence), le Canada (lancement d’un fonds pour la recherche d’excellence), les pays pétroliers et les pays émergents. Si nous n’investissons pas nous aussi durablement, notre déclin est inévitable. Un État tourné vers l’avenir : tel est le véritable enjeu de nos finances publiques.
La France n’a pas « trop d’État » mais « mal d’État » : nos dépenses publiques sont gravement inefficaces.
(1) Éditions Delavilla, mars 2010.
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FRANCE 24, 19/03/2010, Elections régionales
POLITIQUES
A quelques jours du second tour des régionales, décryptage des enjeux du scrutin autour de Roselyne Febvre et de ses invités.
Les invités :
•Olivier Ferrand (Terra Nova)
•Cynthia Fleury (Philosophe)
•Yves Thréard (directeur adjoint du Figaro)
•Jean-Louis Bourlanges (ancien député européen)
•Claude Goasguen (député UMP de Paris)

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Ruth Elkrief, BFM radio, mercredi 17 mars, 13h10:
Olivier Ferrand invité de Ruth Elkrieff, présente le livre :"l'Etat pyromane" (Editions Delavilla)
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JOURNAL DU DIMANCHE, Claude Askolovitch, 20/03/2010: "L'eau du bain"
L'eau du bain
Revenir à droite, lui disent-ils, redevenir classique, insistent-ils, oublier ces lubies de l'ouverture ou de la taxe carbone pour sauver un quinquennat aux trois cinquièmes dévoré ? Le problème, Nicolas Sarkozy n'a pas besoin des conseillers de la prédéfaite pour glisser à droite, ou glisser tout court, dans ces urgences qui l'abîment.
Ainsi, les trente ans de prison incompressible pour les tueurs de policiers que le Président a inventés jeudi. On est ici dans l'inutile ou le problématique. Ou bien c'est une simple surenchère quantitative - la période de sûreté, qui existe déjà, passerait de ving-deux à trente ans - et cet ajout ne mérite pas le verbe présidentiel. Inutile. Ou bien, et des mots mal calibrés le laissent supposer, le Président voulait relancer les peines automatiques, appliquées « systématiquement », bafouant le principe d'individualisation hérité de 1789. Très problématique, venant du garant de la Constitution. Si l'on ajoute un simplisme troublant quand il est porté par le chef de l'Etat - les injures aux policiers conduiraient forcément au meurtre et chaque petit voyou serait, de fait, un assassin en puissance -, Nicolas Sarkozy, jeudi dernier, n'était pas digne de lui-même.
Vu de gauche, le sarkozysme n'était que cela, une perversion d'un Etat devenu pyromane *, brutal et démago, où des morts encore tièdes devenaient des arguments de campagne. Une aventure confinant à l'odieux, quand François Fillon, pris dans une mauvaise imitation du patron, donne pour mort un policier vivant : les risques du métier. Mais la gauche avait tort, qui avait perdu le peuple en minimisant ses peurs, et n'admettait pas que Sarkozy, homme de droite, puisse être mieux qu'elle aux avant-gardes d'une société en mouvement.
Le défi de Nicolas Sarkozy, c'est de ne pas donner raison à ses détracteurs. Ne pas devenir - seulement - un ultra de la réaction, plus à droite ou plus dur, parce que sa survie ou son tempérament l'y pousseraient. La marque de cet homme, c'était de ne pas être conforme. Aux côtés des flics ou des forces de l'ordre, bien sûr, mais détestant aussi l'establishment qui votait pour lui, forçant les siens au virage écologique, maltraitant les banquiers, appelant un monde régulé, nommant par plaisir de la transgression ou par goût de la séduction des adversaires aux postes clés de l'Etat. Et même - puisque l'image publique reflète la sphère privée - défiant les tabous de son camp dans le couple qu'il forme avec une artiste venue des gauches, fussent-elles caviar ou toscane.
C'est pour cela, aussi, qu'il est détesté, et souvent victime d'infamies relayées sur le Web ou ailleurs. Et c'est cela qu'on lui demande d'abandonner, dans les droites d'en bas. Ne plus être que le chef des siens, premier guerrier d'une armée assoiffée de revanche, quel qu'en soit le prix. Nicolas Sarkozy peut choisir de jeter les audaces avec l'eau du bain des régionales, puisque ses ouvertures ne payent plus. Il peut se caricaturer désormais en quelques mouvements de menton sécuritaires, devenant conforme à ce qu'attendent ses vrais ennemis comme ses faux amis.
Il y perdrait une moitié de lui-même, et tout ce qui a fait son prix.
* « L'Etat pyromane », fondation Terra Nova, Delavilla.
Claude Askolovitch
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MEDIAPART, Edwy Plenel, 13/03/2010: "Non, Sarkozy, ce n'est pas rien"
Deux ans avant 2012, les élections régionales des 14 et 21 mars sont l'occasion de sanctionner nationalement un pouvoir qui le mérite. Car Nicolas Sarkozy, ce n'est pas rien, mais bien plutôt la mise en cause systématique du pacte républicain établi en France depuis 1945. Réponse à ceux qui prétendent le contraire, où l'on découvre que le diagnostic de Mediapart fait école à la fondation Terra Nova et dans la revue Esprit. (...)
«Antihumanisme, inégalités, hyperprésidence : le sarkozysme, y écrit Olivier Ferrand, le président de cette fondation proche du PS, attaque de front l'identité politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés publiques, pour y intégrer les valeurs néoconservatrices qui lui sont historiquement étrangères.»«Le sarkozysme, insiste-t-il encore dans cette présentation des dix-sept contributions de L'Etat pyromane (Editions Delavilla), n'est pas un pragmatisme dérivant vers le centre de l'échiquier politique. C'est tout l'inverse : une idéologie de rupture néoconservatrice.(...) Désormais, la droite est à l'offensive. Elle a longtemps hésité sous Jacques Chirac. C'est fini. Nicolas Sarkozy a été le premier, en France, à revendiquer “la rupture”, “le changement”: la fin du pacte social historique.»
Edwy Plenel, Mediapart, 13/03/2010
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